La guerre entre hindous et musulmans a permis d’entériner l’indépendance officielle de la République Indienne Libre. En effet, bien que le territoire compte une très grande majorité de musulmans, la forte militarisation du pays, notamment avec l’aide japonaise, permet le maintien de l’ordre. Le fait que le gouvernement soit composé d’hindous, de musulmans, de bouddhistes et se soit déclaré laïque et garant de la liberté de culte y est pour beaucoup. Aussi, dans le contexte particulier de la volonté d’accession à l’indépendance des Indes, la République Indienne Libre est déjà indépendante de facto. Ainsi, non seulement la population à globalement su garer son sang froid, mais dans les rares incidents qui se sont produits au Bengale l’Armée et la police ont su se montrer non partisanes ce qui a contribué à mettre fin très rapidement aux rares violences.
Étiquette : Jawaharlal Nehru
La guerre civile indienne : Les points chauds de l’hiver 1946-1947
En plus des difficultés citées plus haut, le conflit à la particularité d’être initialement peu structuré. Il ne commence pas avec des armées qui s’affrontent, mais avec un mélange protéiforme des groupes de civiles en armes, de milices organisés et d’unités régulièrement de l’Armée britannique des Indes aux allégeances diverses.
La guerre civile indienne : L’étincelle
En 1944, alors que le Japon rejoint les camps des alliés suite à la chute de la dictature militaire du Général Tōjō, Bose déclare l’indépendance de la République Indienne Libre à Imphal. Dans les semaines et mois qui suivent, hindous et musulmans — civiles comme militaires — se soulèvent à travers l’Assam et le Bengale contre le pouvoir britannique et rejoignent les indépendantistes. Rapidement l’influence de l’Azad Hind s’étend jusqu’aux frontières du Tibet, du Népal et du Bhoutan et par-delà la rivière Padma en direction de Calcutta. Dans ce contexte, Mahatma Gandhi et Jawaharlal Nehru décident d’accélérer le calendrier pour l’accession à l’indépendance. Ils souhaitent à tout prix éviter que l’influence de l’Azad Hind ne s’étende, car Subhash Chandra Bose a été claire : « la République Indienne Libre ne se soumettra pas à ceux qui n’ont pas eu le courage de prendre les armes pour assurer l’avenir de leur peuple ». Toutefois le Congrès national indien fait rapidement face à un problème : le Premier ministre britannique Winston Churchill exige que l’Inde reste un dominion et qu’elle reste unie, pourtant il se garde bien d’évoquer une reconquête du Bengale. Sûrement parce que cela conduirait à de nouvelles tensions avec le Japon, qui est redevenu un Allié du Royaume-Uni. Il paraît clair avec le recule que, Churchill était aveuglé par sa peur de la propagation du communisme. Il reste donc intransigeant, se pensant en position de force.
