Procès de Changchun

Source Wikipédia.

Le procès de Changchun, aussi connu sous le nom de « Tribunal pour les crimes de guerre en Mandchourie », s’est tenu du 31 janvier au 25 novembre 1948 dans la ville Changchun, capitale de la Mandchourie.

Durant le procès, les accusés devaient répondre des crimes de guerre commis durant l’occupation japonaise de 1932 à 1944.

Armes chimiques et biologiques

Articles détaillés : Unité 731, Shiro Iishi, Procès de Tōkyō et Yokohama

Une quarantaine de membres de l’unité 731 ont été jugés. Parmi eux : Masaji Kitano, Ryoichi Naito, Yoshio Shinozuka et Yasuji Kaneko. Shiro Iishi ayant été jugé et exécuté au Japon.

Ils sont accusés d’avoir pratiqué des vivisections sur des sujets non anesthésiés, répandu et testé la peste bubonique, le choléra et l’anthrax sur des populations civiles.

Travaux forcés

Des militaires japonais ont été accusés du recours massif aux travaux forcés dans des conditions terribles, causant plusieurs milliers morts. D’après les historiens Zhifen Ju, Mitsuyochi Himeta et Toru Kubo, dix millions de civils ont été mobilisés pour des travaux forcés sous la supervision de la Kōa-in[1].

L’accident de la mine de Benxihu

L’accident de la mine de Benxihu est la catastrophe minière la plus meurtrière de l’histoire. L’exploitation de la mine — situé près de Benxi dans le Liaoning — commence en 1905. Les Chinois et les Japonais y exploitent conjointement le fer et le charbon. Le temps passant, le Japon contrôle de plus en plus largement la mine. Durant la Deuxième Guerre sino-japonaise, le japonais force la population locale et les prisonniers chinois à travailler dans la mine. Les conditions sont terribles : manque de nourritures et de vêtements, typhus, choléra, journée de douze heures ou plus. Les gardiens japonais battent régulièrement les prisonniers et le périmètre est entièrement clos par des barrières électriques.

Le 26 avril 1942, une explosion de poussière de charbon enflamme la mine. Les mineurs se voient refuser la sortie ou l’entrée au site par les gardes japonais. Pour tenter de contenir l’incendie, les Japonais coupent la ventilation et scellent les accès au puits. D’après les témoins, les Japonais n’essayent même pas d’évacuer les mineurs coincés dans les puits.

Une fois l’incendie maîtrisé, il faut une dizaine de jours pour dégager les corps et les ensevelir dans un charnier. Une grande partie des victimes ne sont pas identifiables, ce qui ne dérange pas les Japonais. Ces derniers publient un bilan faisant état de 34 morts.

Plus tard, les Japonais érigent un monument aux morts faisant état de 1 327 morts. En réalité, 1 549 mineurs ont péri, soit 34 % des effectifs du jour, dont seulement 31 Japonais.

L’exploitation de la mine reprend et se poursuit pendant plusieurs décennies.

L’enquête conduite dans le cadre du Tribunal pour les crimes de guerre en Mandchourie détermine que la plupart des morts ne sont pas dues à l’explosion, mais à l’inhalation massive de monoxyde de carbone après que les Japonais ont stoppé la ventilation et scellé les accès.

Les dirigeants de la mine et les gardiens sont condamnés à des peines de prison allant de 5 à 20 ans. Toutefois, une partie d’entre eux n’a pas été identifiée. Le Japon est condamné à financer l’identification des victimes et à indemniser les familles.

En 1985, le Japon finance l’édification d’un nouveau monument aux morts.

Autres crimes

Parmi les autres crimes dont étaient accusés les militaires japonais et leurs associés locaux :

  • Crimes contre la paix.
  • Arrestations arbitraires de civils.
  • Tortures et mauvais traitements de prisonniers.
  • Exécutions extrajudiciaires.
  • Expropriations en faveur des résidents japonais et entreprises japonaises.
  • Utilisations de criminels pour intimider les opposants politiques.
  • Trafics de drogues et d’armes.

Le cas Ishiwara

Le Général Kanji Ishiwara fut accusé de crime contre la paix pour l’incident de Mukden, mais les poursuites furent stoppées au titre des « services rendus » par le général à la Mandchourie. Notamment, car il était l’un des principaux artisans de l’indépendance.

Condamnations et réparations

Plus de 30 condamnations à mort ont été prononcées, les autres condamnations allant de cinq ans de prison à la prison à vie.

Le Japon s’est engagé à verser 4 000 000 000 $ de réparations à la Mandchourie. En furent déduits 500 000 000 $ au titre des parts d’entreprises cédé par le Général Ishiwara au moment de l’indépendance. Plus tard, la somme baissa encore en échange de l’aide militaire japonaise (matériels, formations…).

Conséquences

Beaucoup de condamnations furent prononcées avec des preuves insuffisantes ou inexistantes, ce qui poussa Kanji Ishiwara à qualifier le procès de Changchun de « purges inavouables, mais nécessaires ». Pour les citoyens mandchous, les procès furent bien accueillis et l’image de justice qui en découle fut pour beaucoup dans la réconciliation avec certains seigneurs de la guerre comme Ma Zhanshan qui servit d’exemple à beaucoup d’autres. Au Japon, le procès de Changchun ne fut que très peu couvert par la presse et se déroula dans une certaine indifférence.


[1] Conseil de développement de l’Asie orientale.

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